Le Prophète Poupou Hipli est un envoyé de Dieu. Sur terre, il était un
couturier de renom. Il avait la particularité de raccommoder les habits déchirés
avec une surprenante dextérité ; aucune trace de rafistolage n’était perceptible
après son travail. Il rendait toujours un habit identique au modèle original pourvu
que l’intéressé prenne le soin de lui indiquer avec précision les parties
défectueuses.
A la différence des couturiers ordinaires, la machine à coudre de Popo Hipli
était enfermée dans une maison sans porte ni fenêtre et donc jamais aperçue par
ses pairs. Seul Poupou Hipli pouvait accéder à la machine.
Dans un village de la contrée, vivait un infortuné ; un homme qui ne
possédait de tout temps qu’un seul pagne en mosaïque qui lui servait de
couverture. L’usure du temps faisant, la couverture s’était déchiquetée et était
devenue méconnaissable. Pour se protéger du froid, il sollicitait sans cesse les
services de différents tailleurs pour lui remettre sa couverture en état.
Malgré les promesses, le résultat du travail ne durait qu’un temps et ce, en
dépit des efforts déployés pendant de nombreux jours voir de nombreuses
semaines de labeur. Les solutions trouvées demeuraient toujours provisoires pour
des coûts hélas exorbitants.
Cet homme errait de tailleurs en tailleurs sous la pression de ses frères qui
lui signifiaient ne plus être en mesure de lui offrir une couverture neuve. Il devait
par conséquent s’atteler à cette solution s’il ne voulait pas mourir de froid.
C’est un homme désespéré qui apprit un jour par ses deux frères l’existence
dans la contrée voisine d’un couturier du nom de Poupou Hipli qui faisait des œuvres
fabuleuses. Il voulait baisser les bras mais ses frères l’en dissuadèrent.
Tous les trois embarquèrent dans une pirogue pour se rendre au village de
Popo Hipli afin de bénéficier des services de ce spécialiste renommé. Le pauvre
homme se présenta avec ses haillons.
- Je suis venu à toi parce qu’il m’a été rapporté que tu es le seul qui pourrait
me remettre ma couverture en état, lui confia-t-il.
Poupou Hipli le rassura et lui demanda de l’aider à accomplir ce travail en lui
indiquant dans les détails les motifs de sa couverture.
Cela fut fait. Et comme la nuit tombait, Poupou Hipli offrit l’hospitalité à
ses hôtes tout en leur promettant que la couverture sera réparée le lendemain.
Grande fût la surprise lorsque au lever du jour, il leur tendit la couverture
telle qu’elle était à l’origine. C’était un chef-d’œuvre ! Le coût de la réparation vint
32
encore agrandir la surprise. En effet, ce travail ne coûtait que la plus petite unité
de monnaie. Bien heureux d’avoir retrouvé sa couverture, notre infortuné
remercia Poupou Hipli son bienfaiteur et demanda aussitôt à rentrer chez lui.
Poupou Hipli ne trouva pas à redire car cela est normal. A l’inverse, les
accompagnateurs prétextant de cette générosité sans précédent, suggérèrent à
leur hôte de leur accorder de passer encore une nuit à ses côtés, une façon pour
eux de lui témoigner leur gratitude. Poupou Hipli apprécia cette marque de
reconnaissance et accèda à leur demande.
Dans la nuit, alors que tout le monde dormait, les deux hommes sortirent de
leur chambre avec pour dessein de voir la mystérieuse machine qui fait de si
belles œuvres. Ils firent le tour de l’atelier mais ne virent aucune issue pour y
accéder. Ils décidèrent de casser le mur à l’aide d’une hache pour parvenir à leur
fin. Mais au premier coup de hache, ils furent frappés d’un coup mortel. Ils
s’effondrèrent, souffrant affreusement.
Au lever du jour, Poupou Hipli les vit gisant à terre. Il leur demanda des
explications mais personne n’a osé lâcher un mot. Lorsque le soleil fut au zénith,
l’un d’eux succomba.
Effrayé, le second se décida à avouer leur malsaine curiosité. « Tu es
pardonné parce que tes aveux sont sincères. Relève-toi donc » lui ordonna Poupou
Hipli.
Il retrouva aussitôt ses sens et avec son frère, ils retournèrent avec le
corps du troisième.
Chant :
1- Poupou hipli nan youan gni ho ayi ho (Le monde va passer, venez mes
frères)
2- Poupou hipli bédjé nan youan gni ho ayi ho
3- Jésus a tablé yéhi Nan youan gni ayi ho (la table de Jésus est
descendue sur terre)
4- Ayi aka popo guégla (Venez, nous allons sauver le monde)
Au nom de Jésus ! Amen !
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Le Prophète Poupou Hipli est un envoyé de Dieu. Sur terre, il était un
couturier de renom. Il avait la particularité de raccommoder les habits déchirés
avec une surprenante dextérité ; aucune trace de rafistolage n’était perceptible
après son travail. Il rendait toujours un habit identique au modèle original pourvu
que l’intéressé prenne le soin de lui indiquer avec précision les parties
défectueuses.
A la différence des couturiers ordinaires, la machine à coudre de Popo Hipli
était enfermée dans une maison sans porte ni fenêtre et donc jamais aperçue par
ses pairs. Seul Poupou Hipli pouvait accéder à la machine.
Dans un village de la contrée, vivait un infortuné ; un homme qui ne
possédait de tout temps qu’un seul pagne en mosaïque qui lui servait de
couverture. L’usure du temps faisant, la couverture s’était déchiquetée et était
devenue méconnaissable. Pour se protéger du froid, il sollicitait sans cesse les
services de différents tailleurs pour lui remettre sa couverture en état.
Malgré les promesses, le résultat du travail ne durait qu’un temps et ce, en
dépit des efforts déployés pendant de nombreux jours voir de nombreuses
semaines de labeur. Les solutions trouvées demeuraient toujours provisoires pour
des coûts hélas exorbitants.
Cet homme errait de tailleurs en tailleurs sous la pression de ses frères qui
lui signifiaient ne plus être en mesure de lui offrir une couverture neuve. Il devait
par conséquent s’atteler à cette solution s’il ne voulait pas mourir de froid.
C’est un homme désespéré qui apprit un jour par ses deux frères l’existence
dans la contrée voisine d’un couturier du nom de Poupou Hipli qui faisait des œuvres
fabuleuses. Il voulait baisser les bras mais ses frères l’en dissuadèrent.
Tous les trois embarquèrent dans une pirogue pour se rendre au village de
Popo Hipli afin de bénéficier des services de ce spécialiste renommé. Le pauvre
homme se présenta avec ses haillons.
- Je suis venu à toi parce qu’il m’a été rapporté que tu es le seul qui pourrait
me remettre ma couverture en état, lui confia-t-il.
Poupou Hipli le rassura et lui demanda de l’aider à accomplir ce travail en lui
indiquant dans les détails les motifs de sa couverture.
Cela fut fait. Et comme la nuit tombait, Poupou Hipli offrit l’hospitalité à
ses hôtes tout en leur promettant que la couverture sera réparée le lendemain.
Grande fût la surprise lorsque au lever du jour, il leur tendit la couverture
telle qu’elle était à l’origine. C’était un chef-d’œuvre ! Le coût de la réparation vint
32
encore agrandir la surprise. En effet, ce travail ne coûtait que la plus petite unité
de monnaie. Bien heureux d’avoir retrouvé sa couverture, notre infortuné
remercia Poupou Hipli son bienfaiteur et demanda aussitôt à rentrer chez lui.
Poupou Hipli ne trouva pas à redire car cela est normal. A l’inverse, les
accompagnateurs prétextant de cette générosité sans précédent, suggérèrent à
leur hôte de leur accorder de passer encore une nuit à ses côtés, une façon pour
eux de lui témoigner leur gratitude. Poupou Hipli apprécia cette marque de
reconnaissance et accèda à leur demande.
Dans la nuit, alors que tout le monde dormait, les deux hommes sortirent de
leur chambre avec pour dessein de voir la mystérieuse machine qui fait de si
belles œuvres. Ils firent le tour de l’atelier mais ne virent aucune issue pour y
accéder. Ils décidèrent de casser le mur à l’aide d’une hache pour parvenir à leur
fin. Mais au premier coup de hache, ils furent frappés d’un coup mortel. Ils
s’effondrèrent, souffrant affreusement.
Au lever du jour, Poupou Hipli les vit gisant à terre. Il leur demanda des
explications mais personne n’a osé lâcher un mot. Lorsque le soleil fut au zénith,
l’un d’eux succomba.
Effrayé, le second se décida à avouer leur malsaine curiosité. « Tu es
pardonné parce que tes aveux sont sincères. Relève-toi donc » lui ordonna Poupou
Hipli.
Il retrouva aussitôt ses sens et avec son frère, ils retournèrent avec le
corps du troisième.
Chant :
1- Poupou hipli nan youan gni ho ayi ho (Le monde va passer, venez mes
frères)
2- Poupou hipli bédjé nan youan gni ho ayi ho
3- Jésus a tablé yéhi Nan youan gni ayi ho (la table de Jésus est
descendue sur terre)
4- Ayi aka popo guégla (Venez, nous allons sauver le monde)
Au nom de Jésus ! Amen !